D'Herat à Kaboul, de Kandahar aux montagnes du Badakhshan dans le nord de l'Afghanistan, les diverses traditions confluent cet après-midi sur la scène du Théâtre de la Ville où cinq hommes incarnent les cultures ancestrales persanes et indiennes. Les musiciens assis commencent à jouer sans un mot. Abrupte comme le paysage afghan, la musique est offerte intacte et généreuse. Les premières notes s'échappent du rubab et révèlent subtilement l'âme de ce pays mythique. Le rubab, luth à cordes pincées est l'instrument emblématique de l'Afghanistan. Sa caisse de résonance creusée dans le bois de mûrier est recouverte d'une peau de chèvre en guise de table d'harmonie. Le manche tend trois cordes en boyau qui sont jouées, trois cordes produisant le bourdon sonore et onze ou douze cordes sympathiques.